Evènements

Cyril, le grand Bleu du Mont Blanc

Décembre 2017, j’ai mes points pour participer à l’UTMB. Je sais également que je vais courir avec un dossard solidaire pour l’association « A chacun son Everest ». Juliette, la jeune fille d’amis, m’a un jour prêté sa chambre afin que je puisse faire le marathon de La Rochelle. Accrochées au mur, des photos de paysages de la vallée du Mont Blanc, avec sur plusieurs d’entre elles, un groupe de jeunes posant sur l’un des sommets de la vallée de Chamonix avec le fanion « A chacun son Everest ». J’ai appris ce jour-là que Juliette était guérie du cancer et qu’elle avait réalisé son Everest. Déclic, le jour où j’irai à l’UTMB je lui ferai un petit clin d’œil en courant pour l’association et je trouvais également rigolo de faire le tour du Mont-Blanc avec une association nommée « A chacun son Everest ».
Janvier 2018, mon dossier est accepté, je vais à l’UTMB. Mon idée, depuis le départ, c’est aussi de partager ce rêve avec mes amis, de leur faire découvrir à la fois la montagne et ce qu’est un Ultra Trail avec cette ambiance à la fois particulière et formidable. Quoi de mieux que de partager ses passions autour de ce trail aussi mythique ? Je réserve donc un chalet aux alentours de Chamonix pour passer une semaine en immersion avec mes amis, qui seront aussi là pour m’encourager et me soutenir lors de ces 171 kms. Je leur fais part de mon projet, ils ont tous accepté et posé leurs congés en fonction de l’UTMB. Un message fort de leur part, je sais que je vais avoir leur soutien et que je serai bien entouré. La team est prête, ils seront 14 à me soutenir durant ce périple. Des chevronnés du bénévolat (triathlon d’Angers et Téléthon entre autres !)
Maintenant, il faut penser à la préparation ! Blessé depuis le téléthon, j’ai une tendinite au talon d’Achille. Ça commence mal : soins intensifs chez mon kiné, Aurélien Clémenceau. Je ne peux démarrer ma préparation que le 3 juin. Ça va être court mais bon je n’ai pas le choix. J’ai le meilleur préparateur physique. Mon ami Didier Chartier (ASPTT Angers) me concocte un programme sur mesure pour arriver à mon top niveau le jour J. Le but étant de terminer la course. C’est parti pour 6j/semaine d’entrainement, avec 1 natation, 1 vélo et 4 courses à pied.
J-7 à J-3 : on est tous au chalet et c’est une semaine de repos pour moi. On profite donc de cette semaine ensoleillée pour admirer les magnifiques paysages de la Vallée de Chamonix, avec balades, une randonnée et la visite du village UTMB et son ambiance particulière. Tout le monde repart avec des idées de trails à faire. Je suis serein et grâce à cet effet de groupe, je ne pense pas trop à la course. On profite également de ces jours pour faire un point avec ma team sur les lieux où ils pourront me voir et aussi profiter du paysage, car il y a une grande partie que je connais grâce à la CCC et la TDS.
J-2 : retrait du dossard et passage à l’association « A chacun son Everest » pour récupérer fanions et T-shirt pour un peu de pub. Ça y est, on va rentrer dans la préparation de la course. Je profite de ce jour pour également peaufiner les détails des ravitos assistés avec Nadine ma compagne. Les sacs sont prêts, elle aura le droit de m’assister sur 5 ravitos (changement de t-shirt, chaussettes, short et de chaussures à la mi-course). Je n’ai pas la pression plus que ça, j’ai bien en tête le parcours et les différentes étapes avec leurs difficultés. Je sais que mon tendon n’est pas guéri, mais je sais faire avec, il faudra accepter la douleur. SMS du PC course, beau temps annoncé et pas de canicule, le simple kit de base est demandé. Super, je n’aime pas les grosses chaleurs, le temps est pour moi !
Jour J : jour de course. Journée tranquille, je ne suis pas stressé, ce n’est pas forcément le cas de ma team. Levé 9h- petit déjeuner en terrasse face au Mont Blanc. Je vais faire un tour à Chamonix pour bouger un peu. 12h : SMS du PC course, le temps a changé, il est annoncé du très grand froid en altitude, le kit grand froid est demandé. Vérification sur le matériel obligatoire. Gros stress, il me manque la 3ème couche qui correspond à une veste doudoune. Vite, il faut retourner à Chamonix pour trouver un stand au village. Stands Raidlight et Compress Sport : rien. Les stands du village commencent à fermer les uns après les autres. On me donne une info : aller directement chez Columbia dans le centre de Chamonix. Ouf ! il reste 2 vestes. Il est 13h30, on est à 4h du débriefing de course.
14h : repas léger et hop une petite sieste d’ ¼ d’heure. Je reste tranquille. 16h, il est temps de se préparer, le train pour Chamonix part à 16h50 de Montroc, notre lieu de résidence.
17h15 : arrivée place de l’église, à côté de la place du triangle de l’Amitié où se situe l’arche du départ. La place est déjà bondée de Traileurs, je dois rester dans une des rues proche de la place.
17h30 : Le débriefing va commencer, il est temps à Nadine et au coach de me laisser, pour aller direction les Houches à quelques kms du départ afin de me voir passer dans cette ambiance terrible. Il pluviote, depuis 16h30, les vestes étanches sont de sortie, des compagnons de courses ont déjà froid. Je souris, c’est un temps que j’apprécie même si je sais qu’il va falloir être très vigilant car ça va beaucoup glisser. Le speaker chauffe les coureurs, les musiques s’enchaînent............
18h : ça y est, on entend Vangelis, c’est le départ ! 6 ans de préparation pour vivre ce mythe, ce rêve. C’est parti pour 44h de course, mon objectif !
Départ en marchant, tellement il y a du monde. Je vais mettre 15 mn pour sortir de Chamonix, impossible de courir. Je profite de cette ambiance de feu, voir autant de spectateurs c’est fou, il y en a des 2 côtés de la route sur au moins 2 rangées. Je tape dans les mains tendues des jeunes et moins jeunes.
18h30 : je peux trottiner, la course commence direction les Houches. C’est roulant ça double de partout. Moi comme à mon habitude, je démarre prudemment sur le rythme que je m’étais fixé, je bois régulièrement. Premier ravito aux Houches, il pleut toujours, les coureurs sont tendus. Il faut dire que les premières barrières horaires sont un peu serrées. Direction St Gervais, avec la montée vers le col du Delevret, 800 D+ pour se mettre en jambe. Il y a encore beaucoup de spectateurs sur cette partie de course malgré le temps mitigé. Ces 1ers kilomètres se passent plutôt, on attaque déjà la descente vers St Gervais, avec 1000 D-, le terrain est boueux, ça glisse beaucoup, mais des coureurs intrépides doublent quand même. C’est du grand n’importe quoi, les 1ères chutes arrivent également, je suis très vigilant. Je sais que les départs en nombre sont source de blessures dues parfois au manque d’attention des autres coureurs (coup de bâtons, chute en cascade). J’arrive sans encombre à St Gervais (km 20), il est 21h30. J’ai 36mn d’avance sur la barrière horaire, je ne m’affole pas, je fais le plein de ravitaillement (liquide et solide) avant d’attaquer ma 1ère nuit dehors. Ma team est là, avec sifflets et clarines, ils font du bruit comme jamais, c’est génial. Je repars direction Les Contamines Montjoie (km 31) pour le 1er ravito assisté, le sourire aux lèvres.
23h15 : Les Contamines, je retrouve Nadine pour le changement de t-shirt/chaussettes. Il y a un monde fou, j’ai déjà doublé pas mal de compagnons de course qui ont dû partir trop vite sur cette partie roulante. Comme à mon habitude, je prends mon temps au ravitaillement afin de ne rien oublier et surtout de vérifier si j’ai bien rempli mon sac (eau et barres). J’en profite pour prendre des nouvelles de mes potes qui sont sur la CCC (dont Freddy L’hommelet). Les 1eres difficultés arrivent, avec 1300D+ sur 18 kms, en pleine nuit. Direction les Chapieux, pour le prochain ravito complet, avec le passage à Notre Dame de de la gorge et son gros feu de palette indiquant le début de la montée vers la Balme et le col du Bonhomme pour redescendre vers Les Chapieux. La montée se passe relativement bien, je monte au train, je me sens bien, je profite de ce paysage merveilleux ou la montagne est pourvue de ses guirlandes illuminées par les frontales des coureurs.
4h : Les Chapieux (km51, 2900 D+ et 2400 D- cumulé), j’en suis à 9h50 de course et tout va bien pour le moment. Mon 1er ennui technique est arrivé à Notre Dame de la gorge, batterie de la frontale HS, alors qu’elle devait me tenir pratiquement toute la nuit. Il me faudra prendre des piles de rechange, je sais qu’il y a un stand Pretzl, ou des piles seront fournies. Je ne veux pas être pris au dépourvu pour la 2ème nuit, ça sera assez compliqué comme cela. Je crains cette seconde nuit, c’est la gestion de celle-ci qui fera la différence. Savoir s’écouter sans perdre trop de temps.
Arrêt rapide au ravito, pour attaquer le prochain gros morceau. Direction le Lac Combal, magnifique endroit côté Italien avec une vue splendide sur l’autre versant du mont Blanc. J’ai donné RDV à ma team dans cet endroit magique ou je devrais arriver au petit matin si tout va bien. En attendant, il faut avaler : 1200D+, 800D- en 17 kms, les cuisses devraient chauffer un peu, heureusement il ne fait pas trop chaud (7/8 degrés, idéal pour moi, ça me permet de courir en short).
7h : Le lac Combal (67 kms, 4100D+,3200D-) sous un soleil matinal, je profite totalement de ce paysage fabuleux, avec une vue sur la chaîne du Mont Blanc, et les grandes Jorasses. Ma team est là, ils ont dû marcher pour arriver dans ce coin perdu loin des routes. A leurs visages, je devine que la nuit n’a pas été de tout repos non plus pour eux, mais leurs sourires à la vue de cet endroit magique me ravissent. Petit déjeuner spécial course : soupe aux pates, viande, TUC, coca et je repars direction Courmayeur, prochain ravito assisté, pour faire une bonne pause. On sera presque à la mi-course. 13 kms me sépare du prochain ravitaillement, avec 500D+ et la longue descente du col du Chercrouit vers Courmayeur (9 kms et 1200 D-, aïe aïe les cuisses)
9h30 : Courmeyeur (km 80, 4600 D+ et 4400 D- et 17h de course). J’ai prévu de faire un bon break, histoire de repartir relativement frais afin d’affronter les 90 kms restants et les 5400 D+ et 5600 D-. De plus, je ressens depuis le Lac Combal une douleur assez vive à la voute plantaire. Il faut absolument que je passe chez le podologue, afin que cette gêne n’empire pas ensuite. Je mange avec bon appétit, tant mieux. Aucun problème gastrique, la grande crainte des coureurs d’Ultra, et les pâtes sont bonnes. De véritables pâtes italiennes. Les ravitaillements sont vraiment complets sur l’UTMB. Je prends le temps de bien me nourrir de mettre des vêtements propres, de changer de chaussures également (un luxe) et massage complet du corps par Nadine (luxe n°2). Passage chez le podologue, qui m’indique que j’ai bien une zone à vif sous le pied, il va falloir « noker » à tous les ravitaillements. 1h20 de pause, ça fait du bien, je repars légèrement en retard sur mes prévisions mais avec 2h15 d’avance sur la barrière horaire.
11h00 : je sors du ravitaillement sous les encouragements de ma team. Ils sont tous là, ils font du bruit, ça me réjouit de les voir. Ils vont essayer de me rejoindre au refuge Bonati (km 92) et ensuite au ravitaillement d’Arnouvaz (km97). Je connais toute la fin de course pour l’avoir fait lors de la CCC. Je suis maintenant en terrain connu, et je sais comment il va falloir gérer cette fin de course. Une raide montée pour aller au refuge de Bertone (800D+ sur 5kms) et ensuite c’est relativement plat pour redescendre vers Arnouvaz. Pour le moment, les montées se passent super bien, je crains plus les descentes avec cette plante de pied enflammée. Je garde mon rythme pour ces 17 kms qui se déroulent très bien, le fait d’avoir croisé une nouvelle fois les potes au refuge de Bonati m’a fait du bien, ça donne un rythme très agréable à ce trail, (j’arrive à les voir toutes les 3 ou 4 heures en journée), un atout dans ma réussite ! Je n’oublie pas de « noker » toutes les heures, quitte à perdre 5/10 mn
15h : Arnouvaz en Italie. Le dernier ravitaillement avant de passer en Suisse par le Grand Col Ferret et sa très longue descente vers La Fouly. 700D+ sur 4 kms pour arriver au Grand Col Ferret, où on nous annonce un ressenti à -5°C, pantalon obligatoire sinon on ne repart pas. Malgré ce temps désagréable (vent et brouillard), je monte relativement bien, ou plutôt beaucoup mieux que certains de mes compagnons que je rattrape petit à petit. J’ai bien fait de prendre mon temps à Courmeyeur, je pense que ça paie maintenant. La descente est beaucoup plus dure par contre, je sens mes cuisses se raidirent par moment, et la fatigue pointer le bout de son nez. 10 kms à descendre et ensuite il y aura le ravitaillement de La Fouly, ou je ferai un point rapide sur mon état de fraicheur.
18h30 : la Fouly (24h30 de course), je sens la fatigue. La descente m’a fait mal aux cuisses et sous le pied mais il y a encore du monde pour m’encourager. On fait un point rapide sur l’étape pour aller au prochain ravitaillement assisté. Il est dans 3 ou 4h selon mon degré d’avancement. C’est décidé je dormirai 30 mn max et passage aux soins (podologue, kiné) mais avant cela il faut passer par le joli petit village suisse de Pratz le Fort et assurer dans la montée vers Champex-Lac soit 14kms et 800D+ avec une dernière pente à + de 15% pour rejoindre Champex.
21h30 : Champex- Lac (27h30 de course, 125 kms et 7300 D+, 6880 D-), j’ai besoin de soins et de dormir. Je suis fatigué. Toute l’équipe est là à m’attendre, il fait froid dehors, ils sont à l’abri sous les tentes mis à dispositions par l’organisation pour les coureurs et les accompagnateurs. Une bonne odeur de plancha circule sous les tentes, repas pour les accompagnateurs ! je passe au podologue/kiné, l’ambiance est amicale et j’ai la chance que le podo et le kiné s’occupent de moi quasiment en même temps. Gros massage sur les cuisses, j’ai mal mais ça va me faire un bien fou, et strapping au niveau des pieds avec de la Nok pour calmer ces inflammations. Je me sens un peu mieux, je pars dormir au dortoir humide mais il y a un matelas sur une palette et une couverture. (encore du luxe). Je sombre complètement durant 30 mn avant que Nadine me secoue afin de manger un peu avant de repartir. J’ai froid, c’est la première fois depuis le début de la course, je mange chaud avec un Efferalgan avant de repartir chaudement habillé pour Trient. Il me faudra faire 12 kms de 800D+ pour atteindre la Giète, avec sa montée interminable mais que c’est beau toutes ces frontales au beau milieu de la montagne, je ne m’en lasse pas. Et 5 kms de descente sur 600D-, on va pouvoir tester le pouvoir des massages. Finalement, je me réchauffe très vite et rassure l’équipe sur mon état de forme. Les sensations reviennent rapidement et j’effectue la montée sur un bon rythme, avant d’attaquer la fameuse descente vers Trient, 5 kms que j’appréhende, mais qui vont se passer relativement bien, j‘ai gardé suffisamment de jus pour la fin de nuit.
4h15 : J’arrive à Trient,( km 141, 34h15 de course, 8200D+ et 8000D-) je suis content, j’ai moins de douleurs et toute l’équipe est là pour m’accueillir aux sons des sifflets et des clarines. Ils n’ont pas beaucoup dormi non plus depuis Champex, surtout que je suis en avance sur les estimations de Live Trail, les massages ont été bénéfiques. J’en profite donc pour faire un nouveau passage chez le kiné, qui est surpris par mon relatif état de fraicheur à ce moment de la course. Ça commence à sentir bon cette histoire. Je fais l’impasse sur le podologue même si j’ai un orteil qui commence à me faire souffrir. Je dois avoir un hématome sous l’ongle (j’ai l’habitude et je sais gérer cette douleur), et mes plantes de pied ne me font plus mal. 1h d’arrêt, je change une nouvelle fois de vêtements, et profite pour bien manger et de cette ambiance festive où un DJ réchauffe les coureurs et accompagnateurs au rythme des années 80. Je profite, je suis bien ! Direction Vallorcine où le profil de course ressemble étrangement à celui que je viens de faire, 5kms pour monter au Tseppes avec 800D+ pour redescendre sur Vallorcine avec 6 kms et 800D-) ; La montée se passe une nouvelle fois très bien, je prends beaucoup de plaisir. La vue aux Tseppes à 6h30 avec le lever du soleil sur la vallée d’Emosson est tout simplement superbe, quelle chance de pouvoir vivre çà. La descente sera beaucoup plus difficile pour moi. Mon orteil qui me fait de plus en plus mal, le terrain glissant dû à la rosée matinale et la fatigue accumulée me font rester prudent. Un caillou décroché par un troupeau de chèvre me passe à 3m, juste le temps d’avertir mes compagnons qui sont en dessous afin que personne ne soit blessé ! ouf ! tout le monde peut continuer. J’arrive dans la forêt de Vallorcine, le dernier ravitaillement assisté. Je sais que je vais finir, j’ai 3h d’avance sur la barrière horaire et je ne suis pas cramé. J’entends le bruit des clarines et des sifflets, toute l’équipe est là. Ils sont près du pont de Vallorcine, ils font la holà, les coureurs sont ravis, ça les remotive. Ils entrainent également les autres spectateurs, c’est la fête. Tout le monde est heureux, c’est génial, je suis fier d’eux. Ils savent également que je vais terminer l’UTMB, car dans la semaine, lors d’une sortie à Vallocine, je leur avais annoncé que si je passais Vallorcine avec 1h d’avance sur la barrière c’était bon, ils pouvaient commander la bière à Chamonix
8h15 : Vallorcine (km 152, 38h15 de course, 9100D+ et 8850 D-), je suis très content, c’est pratiquement gagné ; je prends un bon petit déj’ (pour une fois je prends du sucré), je me change pour affronter ce dernier bloc qui me mènera sur Chamonix et sa ferveur pour chaque arrivant. Il fait beau, j’aurai encore cette chance d’arriver sous le soleil Savoyard et de profiter de cette dernière montée, et de souffrir dans cette dernière descente. 18 kms me sépare de Chamonix et 1000 D+ que je vais avaler tranquillement grâce à l’ambiance de ma team qui est venue une nouvelle fois mettre une ambiance de folie au Col des Montets, juste avant le début de la montée vers La Flégère à travers le parc naturel des Aiguilles rouges (une centaines de coureurs doublés). Quel plaisir cette dernière crapahute. Mais que la descente fût difficile, avec cet orteil qui me martyrisait faute de ne pas avoir voulu le soigner. Les jambes sont lourdes sur ce terrain technique, avec ses racines et ses cailloux tout au long de la descente. Et mon pied douloureux qui heurte souvent les pierres, je sers les dents, c’est bientôt terminé, les douleurs disparaitront à Chamonix.
12h30 : je rentre dans Chamonix, heureux comme tout, je viens de réaliser un nouveau rêve. Je me rends compte la chance que j’ai. Toute l’équipe m’attend au bar « L’M » pour la petite bière d’avant arrivée (comme lors de la CCC ou une spectatrice m’avait offert une gorgée) et surtout le changement de T-Shirt pour revêtir celui de « A chacun son Everest ». Une bonne bière offerte par le coach Didier, afin de trinquer à cette victoire collective. On se félicite tous, l’ambiance est incroyable, les spectateurs font tellement de bruit, c’est génial. Certains sont ébahis de me voir prendre ce demi avant le finish, mais c’est ma façon de voir le Trail : garder l’esprit de convivialité cout que cout.
Et nous voilà parti avec Nadine, qui le mérite autant que moi, savourer cette dernière ligne droite avec les fanions d’« A chacun son Everest » sous les applaudissements des centaines de spectateurs présents.
12h53 : je passe la ligne d’arrivée en 42h52 de course, 171 kms et 20 000 de D cumulés. Didier, mon coach et ami, est là ainsi que l’émotion. Je le remercie chaleureusement car je lui dois beaucoup également.
13h : il est temps de penser à la récupération....... je plaisante, à la fête que nous allons faire avec tous mes amis au chalet où je verrai mon lit aux environs de 21h30, soit pratiquement 60h sans dormir

 

Petit mot pour Grand Champion : RESPECT CYRIL !!

 

Partager le contenu :